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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 18:50

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Depuis les années 80 la France est face à une fracture de plus en plus significative entre les classes les plus modestes et les plus favorisées. Soucieux de conserver un pays socialement stable, la classe politique est la recherche de la recette du bien-vivre ensemble. Premier ingrédient visible de celle-ci, l’urbanisme.

Conscient des erreurs passées,  nos politiques ont propulsé, au début des années 90, le concept de mixité sociale au rang de priorité nationale.

Décliné nationalement (loi SRU) puis localement (via notamment le Plan Local d’Urbanisme) ce concept est aujourd’hui au cœur du débat public et à pour but de réguler la mise à disposition de logements en fonction de certaines contraintes économiques et administratives.

Avec maintenant plusieurs années de recul, nous observons les biais de cette politique, concentration forcée de certaines communautés ou types sociaux, ghettoïsation, …les échecs sont nombreux.

Le manque d’envie politique, le manque de moyens, les dérives clientélistes locales font de cette approche une argutie électorale, un marronnier politique.

Maintenant, disons le, le bien vivre ensemble c’est d’abord, je pense, pouvoir choisir où l’on veut vivre. Car la ventilation communautaire et sociale constitue-t-elle une réponse au bien-vivre ?  Je n’ai pas de soucis à considérer que certains types de populations peuvent souhaiter vivre ensemble…mais si tel est le cas, il faut que cela soit un choix réel et non pas une contrainte administrative ou financière.

Et si nous transformions ce concept de mixité sociale ?

Car nous sommes justement face à une logique administrative qui n’intègre pas de logiques prospectives à moyen ou long terme. Certaines communes s’enferrant dans une stratégie élitiste refusant l’introduction de logements sociaux sur leur commune, d’autres au contraire faisant démagogiquement du logement social leur axe de valorisation local. Les deux systèmes se retrouvant sur un point…la démarche clientéliste.

Parce que pour bien vivre ensemble, cela nécessite les attributs républicains de notre système.

Il faut considérer que plus une zone est fragile socialement plus les services de l’état se doivent d’être qualitativement et quantitativement présents. Or… farce… est de constater que les enseignants, personnels hospitaliers, forces de l’ordre, expérimentés ne sont pas encouragés à venir travailler au quotidien sur ces territoires fragiles…au contraire. Ou vont les jeunes profs ? dans le 93, ou vont les anciens ? à Paris. Pour les gardiens de la paix, c’est la même chose, le jeune qui a grandi en Corrèze se retrouve à battre le pavé à Vitry sur Seine, l’ancien avec 20 ans de carrières…à Cannes. C’est peut-être caricatural mais c’est je pense le reflet d’une situation qui ne cesse de se dégrader. Et naturellement par extension, il en est de même de tous les services de commodités qu’ils soient privés ou publiques (médecins généralistes, transports en commun, commerces de proximité).

Considérant cela, naturellement nous contraignons les populations à sélectionner les lieux d’habitats en fonction de critères économiques essentiellement.

Pour ma part je considère qu’une politique vertueuse doit observer les attributs suivants :

Transformation du PLU par une approche PRU (le local laissant la place à une instance plus large, la région ?)

Plancher mais aussi plafond de logements sociaux par zone géographique.

Disparition des « amendes » pour les collectivités ne respectant pas les règles, remplacées par des sanctions réellement contraignantes allant jusqu’à la mise sous tutelle préfectorale.

Répartition géographique obligatoire des logements sociaux au sein de la zone  (pour éviter la ghettoïsation) et mixité obligatoire au sein de chacun des programmes immobiliers...mixité en terme de type d’habitats pour permettre la rencontre inter sociale bien sur mais aussi inter générationnelle.

Indexation des revenus (primes) des fonctionnaires (enseignants, force de l’ordre, personnels hospitaliers) en fonction du niveau de richesse locale de sorte que les zones les plus fragiles puissent disposer des personnels les plus expérimentés. L’objectif étant d’inciter mais sans contraindre les fonctionnaires.

Aides financières à l’installation des commerces, services aux particuliers, médecins… pour les zones les plus délicates.

Conditionner les permis de construire à la présence préalable des structures (transports, commerce, services publics).

 

Photo : Roosers82
Public housing, Landsberger Allee, Berlin

 

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commentaires

martine 05/02/2011 01:53


Un article empreint de beaucoup de bon sens. A soumettre aux responsables de la vie politique. A commencer localement. Bises.


Ph.GERBAULT 05/02/2011 10:36



Merci pour ton commentaire


....Je n'y manquerai pas...à chaque occasion qui me sera laissée...